Les multi-talents, partie 2/2

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Mieux comprendre le multi-talent en 10 points

1 – Être multi-talent ne signifie pas forcément être plus talentueux qu’un autre

La où la plupart des êtres cherche encore leur talent (qu’ils ne trouveront peut être jamais!), il y aurait donc des êtres dotés de plusieurs talents?

Autant le dire tout de suite : un MT n’a pas nécessairement plus de talent que vous et moi en vérité. Cependant il arrive parfois qu’un MT soit également réellement talentueux.

C’est par exemple le cas de Brian May, guitariste de Queen mais aussi docteur en astrophysique.

Il y a donc plusieurs niveaux chez les MT : certains bien que passionnés, sont moyens dans leur discipline. D’autres sont excellents quelque soit ce qu’ils touchent. C’est valable aussi pour les mono-maniaque : j’ai côtoyé des personnes qui jouent au tennis 3 fois par semaine depuis 20 ans mais qui ont un niveau médiocre, alors que d’autres excellent au bout de 2 ans de pratique.

2 – le multi-talent connaît le goût de l’effort

On parle ici de l’effort sur le long terme. La plupart des individus surestime les efforts à court terme et sous-estime les efforts à long terme. Pour illustrer ce fait, voici un exemple flagrant : 

si un individu souhaite perdre du poids, il va en général choisir une des 2 options suivantes :

– effort à court terme : régime drastique sur 2 semaines comme par exemple le régime Dukan.
– effort à long terme : changement des habitudes alimentaires (nourriture plus saine, moins de sucre, moins de graisses, des légumes, des activités sportives).

D’après vous, quel est la technique la plus efficace? La deuxième évidemment. Mais c’est aussi la plus difficile car elle implique une rigueur et une discipline sur le long terme. C’est ce qu’on appelle le goût de l’effort. Ce goût de l’effort, couplé avec la curiosité exacerbée qui caractérise le MT lui permet d’accomplir de nombreuse choses.

Cette mentalité se transpose sur tout. Là où l’individu lambda dit « Qu’est ce que j’aurais aimé savoir jouer du piano, mais je n’ai pas commencé jeune donc c’est mort… », le MT lui va se dire « j’aimerais savoir jouer du piano. Je vais m’y mettre maintenant et d’ici 4 ou 5 ans je saurais jouer mes chansons préférées ».

Et il y a fort à parier qu’il y parvienne. C’est un bosseur.

3 – le MT apprend vite

Ce n’est pas un talent qu’il a par rapport à d’autres : c’est juste qu’à force d’apprendre de nouvelle chose, son cerveau a appris à apprendre. Les mécaniques d’apprentissage se mettent en place beaucoup plus vite et sa méthodologie s’améliore. Il apprend aussi à organiser son emploi du temps pour ménager ces phases d’apprentissage et de pratique entre son boulot et sa vie de famille.

Par exemple un sportif qui pratique la course à pied et le vélo va apprendre à nager beaucoup plus vite qu’une personne n’ayant jamais fait de natation. Même si ces disciplines semble différentes, il y a des points communs et acquis qui vont servir à accélérer l’apprentissage (cardio, puissance musculaire, mémoire musculaire, rigueur et discipline).

Ainsi à force de cumuler des compétences, le MT part de moins en moins de zéro : il s’appuie sur un socle né de l’apprentissage de ses compétences précédentes qui grossit au fur et à mesure qu’il apprend.

4 – le multi-talent est expert en rien (et il le sait)

C’est un choix délibéré du MT. Même si pour le commun des gens le MT semble doué, en vérité il n’a qu’un niveau moyen voire moyen + dans chacune des activités où il semble pourtant exceller.

Le MT va vous sembler bon au violon parce que justement vous ne jouez pas du violon. Vous ne vous y connaissez pas en la matière et donc, par rapport à votre référentiel il semble bon. Cependant, si vous étiez vous même violoniste, vous constateriez que son niveau n’est qu’en vérité moyen. Et c’est valable pour tous le reste de ses « talents ».

La raison est simple : pour être expert dans un domaine, il faut y passer énormément de temps.

Si on prend l’exemple de la pratique du piano cela se traduit ainsi :

– pour être expert, il faut en pratiquer 4h par jour pendant 10 ans.
– pour avoir un niveau sympathique, 30 minutes par jour pendant 2 ou 3 ans suffisent. C’est le choix du MT.

Pourquoi? Car au lieu de passer 2h par jour sur le piano, le MT va faire le choix de passer 30 minutes par jour mais sur 3 disciplines différentes, par exemple : piano, apprentissage d’une langue étrangère, tango argentin. Ou encore il va faire 2h de piano par jour, mais pendant 2 ans, et ensuite il fera 2h de poterie par jour pendant les 2 années suivantes… Enfin vous voyez le topo.

Au final, le MT fait le choix de ne pas être expert dans un domaine mais d’avoir un niveau sympathique dans plusieurs disciplines.

5 – le multi-talent applique la loi de Pareto

La loi de Pareto stipule qu’avec 20% d’effort au peu arriver à 80% du résultat final. Et ça le MT l’a compris, de manière consciente ou inconsciente. Pour une discipline, la courbe d’apprentissage n’est pas linéaire. Elle forme grossièrement une courbe logarithmique, ce qui signifie qu’on progresse beaucoup plus vite les premières années.

Le MT, ayant identifié ce fait, ne s’attelle qu’à pratiquer que les premières années, soit 20% du temps nécessaire comparé à un expert. Au delà de ces premières années la progression se fait beaucoup plus lente : le MT commence à s’ennuyer car il ne progresse plus aussi qu’il le souhaiterait, Ce qui nous amène au point suivant.

6 – le multi-talent ne supporte pas l’ennui

En vérité le multi-talent vit mal la stagnation : il a constamment besoin d’avoir la sensation d’apprendre de nouvelles choses ou de progresser dans les disciplines qui lui plaisent. Si ce n’est plus le cas, il va avoir une impression de répétitivité et va se lasser peu à peu de sa discipline du moment.

Il n’a rien contre les tâches répétitives à condition que ces dernières lui permettent de progresser. Par exemple s’il apprend la guitare, il va répéter les mêmes accords encore et encore pour apprendre à les jouer de plus en plus vite. Cependant, une fois cet accord maîtrisé, il va commencer à ressentir de l’ennui et va essayer d’apprendre autre chose.

7 – le multi-talent est obnubilé par la méthode

Pour un MT le temps est précieux. Il sait que le chemin est long avant d’atteindre le niveau et les objectifs qu’il vise. Il souhaite donc utiliser la meilleure méthode possible afin d’optimiser au maximum le temps qu’il va passer sur sa discipline chérie.

Pour cela il va s’appuyer sur tous les moyens existants : vidéos sur internet, blog, livre et idéalement il trouvera un mentor ou s’offrira un professeur s’il en a les moyens.

8 – le multi-talent pratique le self continuous improvement

Le self continuous improvement c’est l’amélioration continue de soi-même. C’est une philosophie qui consiste à s’interroger constamment sur la meilleure chose à faire pour créer une meilleure version de soi-même. Bien sûr être une meilleure version de soi-même est subjectif à chacun. Certains vont chercher à être plus instruit, d’autres plus riches, d’autre plus créatifs.

Le MT peut rechercher tout cela à la fois : s’il estime qu’il doit gagner plus d’argent pour investir il va étudier les méthodes d’investissement ou bien quelles compétences il doit obtenir pour augmenter sa valeur sur le marché du travail. S’il estime qu’être en meilleur forme le rendra plus heureux, il va se mettre au crossfit.

Bref, le MT se remet toujours en question et s’interroge constamment sur le fait d’optimiser au mieux le temps libre dont il dispose pour s’améliorer lui-même.

9 – Être multi-talent n’a pas que des avantages…

Le multi-talent est maniaco-dépressif!

Chaque nouveau jour est une exaltation pour le MP : il va pouvoir progresser dans ses disciplines chéries. Sa vie est une lutte perpétuelle contre le temps.

Sujet aux insomnies, il se couche tard car il est pris dans ses travaux d’apprentissage et rate souvent les cycles de sommeil adéquat. Une fois au lit, son cerveau continue de ruminer ce qu’il vient juste d’apprendre et la qualité de son sommeil se trouve donc perturbé.

10 – Que veux tu faire quand tu seras grand?

Cette question est un cauchemar pour le MT : il n’a jamais su y répondre.

Choisir un métier c’est renoncer à ses autres passion et pourtant notre société nous impose de faire ce choix. Il a du mal à trouver un métier qui le satisfasse sur le long terme. Quoiqu’il choisisse de faire, il viendra un moment où il aura l’impression d’avoir fait le tour de ce que peut lui apporter son travail.

Bien sûr, pendant un temps il essaiera de se raisonner : « j’ai une bonne situation, une famille, un loyer à payer, il faut que j’arrête de me prendre la tête ». Mais son naturel finira toujours par le rattrapper, il éprouvera le besoin de vivre une nouvelle expérience.

Les meilleurs métiers pour le MT sont des métiers pluridisciplinaires. Des métiers qui ne demandent justement pas d’expertise forte dans un domaine mais de connaître plusieurs domaines de manière générale.

Le mot de la fin

Finalement, le mot multi-talent pour moi n’est pas adapté. Déjà je trouve que ce terme est très pompeux. Il laisse croire qu’il existe des êtres doués de plusieurs talents là où la plupart des gens n’en ont pas ce qui est faux. Si je devais re-définir ce terme, je préfère qualifier les multi-talents de multi-curieux-persévérant.

Et c’est une bonne nouvelle : cela signifie que nous pouvons tous devenir des multi-talents!

Et vous, vous reconnaissez vous parmi les multi-talents? Et quels sont vos domaines de prédilection?

À propos de l'auteur

Passionné par les relations sociales et la psychologie humaine que ce soit au bureau, dans le monde du travail et même ailleurs, j'ai créé ce blog pour vous faire partager mon univers.

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